Pourquoi les entreprises immobilisent-elles encore trop de capital dans leurs inventaires?

Inventaires

Il n’y a pas que de la marchandise dans les inventaires. Il y a aussi beaucoup d’argent. C’est notamment pour cette raison que la gestion des stocks ne devrait pas être confié à n’importe qui. La bonne personne, avec les bons outils, pourraient vous faire économiser gros.

Un inventaire bien géré contient les bonnes quantités de marchandises pour répondre aux besoins des clients, sans rupture de stock ni surplus inutiles. Cela semble évident, mais concrètement, c’est un idéal qui nécessite les bonnes méthodes de travail et les bons outils.

« Si t'es pris avec vraiment beaucoup trop de stock, ou vraiment pas assez, c'est la survie de ton entreprise que tu mets en jeu », soutient Robert Lamarre, expert en gestion des approvisionnements depuis plus de 30 ans. Afin d’aider les entreprises à développer leur expertise, ce dernier propose la formation 75 façons de réduire et d’optimiser ses inventaires.

Trois stratégies pour trouver le juste équilibre

Selon le formateur à ÉTS Formation, la gestion des inventaires est l’un des départements qui a le plus d'enjeux sur la profitabilité d’une entreprise. C’est pourquoi il est primordial d’y consacrer le temps et les ressources nécessaires. Pour trouver l’équilibre parfait entre les besoins réels et les surplus acceptables, Robert Lamarre identifie trois éléments incontournables :

1 – Catégoriser les articles

Un niveau d’importance devrait être alloué à chaque catégorie d’articles en inventaire. Si certains produits peuvent dormir longtemps dans un entrepôt sans occasionner trop de pertes monétaires, notamment en raison de leur faible valeur, d’autres, beaucoup plus coûteux, font « dormir » de trop grosses sommes.

À l’inverse, ne pas avoir assez d’inventaire peut entraîner des conséquences sur votre clientèle et sur toute une chaîne de production.

« Il y a des produits pour lesquels on devrait maintenir un niveau de service plus élevé, par exemple des pièces critiques ou les pièces qu'on vend très, très, très souvent. Puis, il y en a d'autres pour lesquels, si on a une rupture, ce n’est pas trop grave », explique le formateur.

L’objectif est donc de déterminer quels articles nécessitent une attention particulière et lesquels peuvent être conservés en moins grande quantité.

2 – Faire une prévision de la demande

« Cet élément est très important, mais très souvent négligé », soutient Robert Lamarre. Pourtant, des dizaines d’outils permettent de faciliter la prévision de la demande et d’ainsi conserver les quantités nécessaires pour les besoins futurs.

« Aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, c’est encore plus facile à gérer », confie le formateur. « Idéalement, on va travailler avec trois ans de données. Cela va nous permettre de reconnaître s’il y a de la saisonnalité, si on est en mode croissance ou en mode décroissance, etc. »

Puisqu’il est impossible de prévoir à la perfection, les entreprises doivent conserver un stock de sécurité, qui sera plus ou moins important en fonction, entres autres, de la criticité de l’article, de sa valeur et de sa fréquence de consommation.

3 – Gérer les délais de livraison et les coûts

Une bonne gestion des inventaires ne dépend pas uniquement de ce qui se passe à l’intérieur de l’entreprise. Elle doit aussi tenir compte des fournisseurs et des délais d’approvisionnement.

Depuis la guerre tarifaire avec les États-Unis, certaines entreprises ont dû se tourner vers l’Europe pour diversifier leurs sources d’approvisionnement. Ces dernières doivent donc composer avec des délais de livraison beaucoup plus grands. « Alors qu’on pouvait voir des camions arriver des États-Unis tous les jours, quand ça vient d’Europe, c’est beaucoup moins fréquent », souligne le formateur.

Des compétences… rentables!

La gestion des stocks a longtemps été confiée à des employés sans formation particulière. Pourtant, cette tâche exige des connaissances spécialisées et peut avoir une incidence majeure sur la rentabilité d’une organisation.

Les principes de base de la gestion des inventaires sont universels, mais il n’existe pas de recette miracle applicable à toutes les entreprises. Si un petit dépanneur et un hôpital font face à des défis semblables, les conséquences d’une mauvaise gestion sont bien différentes. « Je me suis fait poser un pacemaker, je suis content qu’ils l’avaient en stock! », illustre Robert Lamarre.

Les façons pour réduire et optimiser ses inventaires sont nombreux et ne sont pas nécessairement complexes. La formation de Robert Lamarre en répertorie 75, mais comme le souligne le formateur : « l’objectif n’est pas nécessairement de toutes les appliquer, mais plutôt de choisir, parmi les 75, les trois ou quatre sur lesquelles on peut mettre nos énergies dans les prochains mois pour espérer avoir de bons résultats ».


2 novembre 2026